Bien gérer son portefeuille, c’est aussi savoir maîtriser ses émotions. Cela se fait en prenant des risques mesurés et en comprenant bien les enjeux. Décryptage, la newsletter de PurePerf, vous aide chaque mois à analyser l’environnement économique et les forces qui animent les marchés. En toute humilité, nous partageons nos vues sur les risques et les opportunités à venir.
La citation du mois
“Dans l’histoire, la seule chose qui coûte plus cher qu’une armée, c’est… pas d’armée.”
Winston Churchill
Le mois où tout a basculé
Mars 2025 marque un tournant. Non pas parce que l’Europe aurait subitement redécouvert la dépense publique – cela fait longtemps que certains pays comme la France ou l’Italie s’en sont affranchis – mais parce que même l’Allemagne a décidé d’assumer un changement stratégique en rompant avec ses principes d’orthodoxie budgétaire.
Avec un programme de réarmement massif de plusieurs centaines de milliards d’euros sur dix ans, Berlin rejoint ses voisins dans une dynamique budgétaire qui conjugue impératif de défense et relance économique.
Est-ce un véritable réveil stratégique ou un prétexte pour soutenir la croissance sans l’avouer ? Les marchés obligataires, eux, n’ont pas attendu la réponse pour réagir.
Cet afflux de dettes pourrait peser lourd
Tous ces milliards promis par les gouvernements européens vont devoir être levés sur les marchés. Et cela intervient dans un contexte déjà fragile.
La BCE avance avec prudence. Elle réduit progressivement les réinvestissements de titres arrivant à échéance dans le cadre du PEPP, et n’envisage pas de baisse de taux avant l’été. Vigilante sur l’inflation, mais sans volonté claire de relancer l’économie. Si les perspectives de croissance venaient à se détériorer, cela pourrait poser problème.
L’offre d’emprunts d’État va augmenter, et la demande pourrait ne pas suivre. L’Allemagne – longtemps considérée comme l’emprunteur modèle – se retrouve désormais en concurrence directe avec la France et l’Italie pour séduire les investisseurs. Une situation nouvelle.
Si l’offre dépasse la demande, les taux longs pourraient remonter, compliquant encore davantage le financement des États.
Pendant ce temps, les États-Unis anticipent
De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis bougent.
La nomination de Michelle Bowman à la vice-présidence à la supervision bancaire de la Fed marque un retour probable de la dérégulation. Dans un discours récent, elle évoque une possible réforme du ratio de levier (SLR), qui limite aujourd’hui la capacité des banques à acheter des Treasuries.
Une réforme du SLR, exemptant les obligations d’État de ce calcul, libérerait des centaines de milliards de capacité d’achat. Les banques américaines pourraient redevenir des acheteurs majeurs de dette publique, à l’heure où certains investisseurs étrangers semblent se détourner du marché américain.
Des changements profonds sont à l’œuvre. Ils ne seront pas sans conséquence pour les marchés.
Comment positionner son portefeuille ?
Dans un monde où même les règles budgétaires fondamentales deviennent variables, il faut garder une boussole. Celle du bon sens, celle d’un portefeuille flexible, discipliné, avec une bonne diversification des risques.
Le portefeuille PurePerf n’a pas cherché à suivre chaque vague haussière. Il a conservé une structure défensive, avec une faible exposition aux actions, une part significative de liquidités, et un biais vers l’or et les emprunts d’Etat.
Résultat : une performance de +1,34% depuis le début de l’année. Sans prise de risque excessive.
Si les marchés d’actions s’engagent sur une tendance haussière durable, nos signaux nous indiqueront de renforcer l’exposition du portefeuille PurePerf. Dans le cas contraire, notre position actuelle continuera de jouer son rôle de protection.
Mars nous rappelle qu’il ne suffit pas d’être exposé, encore faut-il l’être au bon moment. C’est précisément l’objectif de notre approche : éviter les accidents, capter les dynamiques durables et ajuster les voiles sans jamais lâcher le cap.
Bien cordialement,
L’équipe PurePerf